Berlusconi contesté dans sa majorité - Le Point
Berlusconi contesté dans sa majorité
Le Point.fr - Publié le 19/09/2011 à 15:06 - Modifié le 19/09/2011 à 15:07
Cerné par les affaires judiciaires, ridiculisé par des écoutes téléphoniques à caractère sexuel, Silvio Berlusconi résiste malgré les premières défections au sein de sa majorité.
Berlusconi refuse de se rendre à la convocation du juge dans l'affaire Tarantini. © Eric Vandeville / ABACA
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Attendu à l'Assemblée générale des Nations unies, Silvio Berlusconi a dû renoncer, lundi, à ce rendez-vous diplomatique international pour assister à Milan à une audience du procès dans lequel il est accusé d'avoir corrompu un avocat britannique.
Inculpé ou mis en examen dans neuf instructions différentes, le président du Conseil est désormais contraint de consacrer la majeure partie de son temps à ses casseroles judiciaires.
Le 26 septembre reprendra à Milan le procès Mediaset (fraude fiscale sur la vente de droits télévisés) et le 3 octobre le procès Ruby, dans lequel le président du Conseil est accusé d'avoir eu une relation avec une prostituée mineure et d'abus de pouvoir.
En outre, le parquet de Naples veut l'entendre dans l'affaire Tarantini.
"Victime" et non accusé
Dans cette enquête, Berlusconi n'est pas accusé mais "victime" de Gianpaolo Tarantini, l'homme qui lui a fourni une trentaine de jeunes prostituées et qui, selon l'accusation, le faisait chanter.
Mais le Cavaliere refuse de se rendre à cette convocation et risque d'être conduit au palais de justice par la force publique.
Or, dans le cadre de cette affaire, la presse publie chaque jour de nouvelles écoutes téléphoniques accablantes pour Berlusconi.
Victime d'une incontrôlable addiction au sexe, le Cavaliere intervient auprès du président de Finmeccanica -le plus grand groupe public dans le domaine de l'armement et de l'aéronautique - pour faire obtenir des marchés à Tarantini, pourvoyeur en jeunes femmes légères et cocaïnomane notoire. Berlusconi avoue jouer son rôle de président du Conseil sur son "temps de loisir" et profère des obscénités à l'égard d'Angela Merkel. Des propos tellement vulgaires, selon la presse italienne, qu'elle les a estimés "impubliables" !
Malaise au sein du Parti de la liberté
Alors que tout autre chef de gouvernement aurait jeté l'éponge devant un tel déballage, Silvio Berlusconi refuse de démissionner.
"Je n'ai pas commis de délits et ma vie privée ne regarde que moi", dit-il. Angelino Alfano, secrétaire du Peuple de la liberté (PDL) fondé par Berlusconi, a répété dimanche que la droite avait la majorité au Parlement et que la législature irait jusqu'à son terme, en 2013.
Toutefois, au sein du PDL, des poids lourds comme les anciens ministres Claudio Scajola et Beppe Pisanu n'hésitent plus à demander un "geste de responsabilité" au Cavaliere.
Ancien avocat de Berlusconi et député du PDL, Gaetano Pecorella propose même un sauf-conduit judiciaire au président du Conseil en échange de sa démission.
Le tabou de la démission a donc été rompu à droite.
D'autant plus que la Ligue du Nord, principal allié du PDL, est aussi en remous.
La base du parti autonomiste est très critique envers Berlusconi et, dimanche à Venise, Umberto Bossi a évoqué la sécession.
Reste que la mort politique de Berlusconi fut maintes fois annoncée. À tort.




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