25 octobre 2012, par georges ugeux

La bombe italienne n’est pas (encore) désamorcée.

Je reste étonné de voir le temps et l’attention qui sont octroyés à l’Espagne ou la Grèce, qui, ensemble, représentent un peu plus de la moitié de la dette italienne, à un moment où se met en place une intervention « illimitée » de la Banque Centrale Européenne en obligations italiennes et espagnoles.

Tout se passe comme si la société de mutuelle admiration entre l’Europe, Mario Monti, le premier ministre italien et Mario Draghi l’ancien gouverneur de la Banca d’Italia et président de la Banque Centrale Européenne, refusait de se préoccuper du fait que la dette italienne atteint 124 % du PIB et plus de 2 000 milliards d’euros.

Le refus de consolider la dette italienne

Il est certain que le fait que les citoyens italiens aient souscrit à 18 milliards d’euros d’obligations de leur propre Repubblica est une bonne nouvelle. Cela ne signifie pas cependant que des montants équivalents pourraient être levés sur les marchés de capitaux. Comme Signora Cannata, en charge du Tesoro ne précise pas la participation des investisseurs institutionnels internationaux, on en est réduit à des supputations.

Ce qui se passe est une baisse substantielle des obligations à 5 ans depuis l’été : à 3,60 %, de rendement, il n’y aurait aucune difficulté de lancer un grand emprunt de consolidation à 4 %.

Avec environ 380 milliards d’euros à rembourser en 2013 (IMF) et un déficit budgétaire de l’ordre de 50 milliards d’euros, l’Italie devra financer au cours de l’année prochaine 430 milliards d’euros. Pour information, l’Italie prévoit un déficit budgétaire de 0,5 % de son PIB, ce qui est meilleur que la plupart de ses voisins, y compris la France.

Si la situation reste relativement stable au cours de l’année, elle devrait y arriver. Mais il reste un risque difficile à estimer et quantifier : celui de perturbations internationales ou dans la zone euro, qui auraient pour effet une crise de confiance. Vu l’ampleur des montants à lever, l’Italie serait probablement au premier rang de perturbations de marché.