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MEDIO-ORIENTE.
traffico d'armi in Israele.
In Israele lo scandolo è enorme: la polizia ha smantellato un'organizzazione di traffico d'armi ed esplosivi a favore dei Palestinesi, creata da coloni e soldati israeliani. Quelle armi sono servite anche per effettuare gli attentati.
CE N'EST sans doute que le premier fil d'une grosse pelote. Depuis une dizaine de jours, la police israélienne a arrêté seize personnes qui seraient toutes impliquées dans un trafic d'armes israélo-palestinien. Parmi elles, deux Palestiniens, mais surtout quatorze Israéliens. Les Palestiniens n'ont jamais fait mystère de ce commerce. Il n'est pas rare de les croiser, à Bethléem (Cisjordanie) ou ailleurs, se promenant, le M 16 à l'épaule : un fusil américain utilisé par Tsahal qu'ils ont acheté 50 à 100 $. Il ne s'agirait pas de quelques armes vendues par des individus isolés, mais bien d'un réseau dans lequel seraient impliqués les habitants de plusieurs colonies, ainsi que des soldats. Les premiers ont des contacts privilégiés avec leurs voisins palestiniens avec qui ils ont toujours fait des affaires, les seconds ont accès aux stocks d'armes. Chacun des participants israéliens aurait touché environ 1 400 $. Un nombre incalculable de caisses de munitions, de fusils, de grenades et sans doute d'uniformes auraient ainsi transité par camions, escortés d'un Israélien en treillis : une tenue militaire si rassurante pour les soldats en faction aux barrages de contrôle, que ceux-ci laissaient passer le véhicule sans en vérifier le chargement. Le principal suspect, un juif portant kippa, est un habitant d'Adoura, une petite colonie à l'ouest de Hébron, en Cisjordanie. Cinq autres personnes de cette communauté seraient sous les verrous. Pour le moment, l'affaire est soumise à une censure militaire très rigoureuse, les services de renseignements étant, avant tout, soucieux de démanteler tout le réseau. C'est ainsi que la colonie d'Adoura est aujourd'hui interdite à tout Israélien qui n'y habite pas.
Enquêtes de l'armée Les premières fuites, qui ont permis de lancer l'enquête, viennent justement d'Adoura. Dans cette communauté d'une quarantaine de familles, il semble que beaucoup étaient au courant du trafic qui durait depuis des mois. Il était en effet difficile d'ignorer les allées et venues du camion ainsi que les enquêtes de l'armée sur la disparition de matériel. Mais personne n'a jamais parlé. Du moins jusqu'à ce qu'un drame se produise dans ce petit village. Le 27 avril, un commando palestinien a pénétré dans la colonie, tuant quatre personnes dont une petite fille de 5 ans, Daniela Shefi, abattue dans son lit. C'est peu de temps après que les langues se sont déliées. Sans doute, la vente d'armes impliquait-elle que la communauté serait à l'abri de toute attaque palestinienne. Mais, voilà, l'accord tacite entre acheteurs et vendeurs a été rompu... En Israël, cette affaire laisse sans voix. « L'impact est surtout psychologique », indique une source proche des services de renseignements. « Même s'il ne s'agit que de quelques brebis galeuses, cela ternit l'image des colons. Jusqu'ici, les habitants de Tel Aviv contestaient leurs idées politiques, mais ils admiraient ces idéalistes prêts à mourir par conviction religieuse ou nationaliste. »
Catherine Dupeyron




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