In Francia è in corso un ampio ed interessante dibattito sugli sviluppi culturali della "Droite" dopo la recente vittoria elettorale.
Molto materiale è rintracciabile sul sito di Le Monde io posto questo articolo, in cui a importanti personaggi della destra di governo viene chiesto di definirsi brevemente
Qu'est-ce qu'être de droite aujourd'hui ?
Jacques Barrot, ancien membre de l'UDF, président du groupe UMP à l'Assemblée nationale.
"Si j'étais Américain, je serais plutôt démocrate. En son temps, j'ai apprécié la deuxième gauche de Michel Rocard. Mais dans le système bipolaire français, je suis de droite. Ce qui caractérise à mes yeux la démarche de la droite actuelle, c'est le pragmatisme.
Nous nous distinguons de la gauche sur trois plans.
1. – Nous faisons plus confiance aux acteurs privés que publics.
2. – A la redistribution, nous préférons la promotion sociale individuelle, la justice à l'égalité.
3. – Nous souhaitons une société régulée, respectueuse des règles éthiques, ce qui justifie, par exemple, mon opposition à l'adoption d'un enfant par un couple homosexuel.
Nous avons fait campagne sur trois mots : liberté, autorité, partage. Les nuances, au sein de la droite, tiennent à l'ordre de ces mots. Moi, je mets partage en premier, puis l'autorité. La liberté ? Elle va de soi."
Jean-François Copé, ministre UMP des relations avec le Parlement, ancien secrétaire général adjoint chargé du projet au RPR.
"Beaucoup de gens de droite ont des difficultés à l'avouer. Dans l'esprit de beaucoup, la droite était à Vichy et de Gaulle a, d'une certaine façon, accrédité cette idée en disant qu'il n'était ni de droite ni de gauche. Chirac lui-même n'use pas du mot "droite", même s'il reprend une grande partie du fonds idéologique.
Pour moi, les valeurs de la droite moderne résident dans une société de libre choix. Choix de sa retraite, de son temps de travail, de la façon de faire garder ses enfants. C'est aussi une nouvelle réflexion sur l'excellence : on ne peut pas passer son temps à taper sur les élites. Une nouvelle réflexion sur l'intégration en constatant que le multiculturalisme est un échec. Une nouvelle réflexion sur la famille qui ne passe pas par le pacs. Mais ce qui nous caractérise, c'est notre volonté d'être moins dogmatique, moins théologique, moins idéologique. Moins caricaturaux, aussi."
François Fillon, ministre UMP des affaires sociales. Anime un club de réflexion, France.9.
"Adolescent, j'avais le portrait du général de Gaulle dans ma chambre à côté d'une affiche des... Beatles. Sans être insensible aux slogans du milieu étudiant, je trouvais finalement que les mouvements gauchistes tenaient mal la comparaison avec le souffle historique de l'épopée gaulliste. J'ai souvent eu le sentiment que l'on trouvait davantage d'ouverture intellectuelle à droite qu'à gauche. Pourtant je me suis rarement présenté comme un responsable de droite. Cette étiquette ne me semble pas recouvrir un contenu théorique clair, ni suffisamment large. Par conviction, je m'efforce de définir les voies politiques susceptibles de rassembler. Toute la question est de savoir si, aujourd'hui, la revalorisation dans la société française des valeurs de responsabilité et d'autorité ouvre un champ théorique nouveau pour la droite républicaine."
Hervé Gaymard, ministre UMP de l'agriculture. Un des rédacteurs du programme de M. Chirac en 1995 et en 2002.
"Je ne me dis de "droite" que si l'on me demande de choisir entre la droite et la gauche. Au fond, je dirais plutôt que je suis de la "non-gauche". Depuis les Lumières, la pensée politique en France est de gauche. La droite n'a eu que Tardieu et Pinay à opposer à Jaurès. Le maurassisme a été intellectuellement fécond, mais c'était une impasse politique. Quand au christianisme social de Marc Sangnier, il n'a jamais vraiment réussi à offrir une alternative durable. Ensuite, Vichy a diabolisé le mot droite. Comme les mots "droite" et "libéral" sont pipés, je considère qu'il n'est pas utile de reprendre des entreprises en difficulté. Il faut donner un substrat idéologique à la droite. L'énergie et le talent de Chirac ont masqué l'absence de pensée chez les gaullistes, mais maintenant, il faut enfin réconcilier la pensée libérale et la pensée républicaine non marxiste, Tocqueville et Benjamin Constant."
Alain Juppé. Ancien premier ministre, maire de Bordeaux, président provisoire de l'UMP.
"Les repères clairs, capitalisme contre socialisme qui, durant de longues années, ont délimité les frontières entre la droite et la gauche ont explosé. L'esprit du gaullisme a toujours été de nier la division droite-gauche entre les Français afin de rassembler. Le clivage a perdu de sa portée. Mais la droite reste plus attachée à la liberté et à l'initiative individuelle, et garde ses distances avec le dirigisme et l'étatisme. L'exemple le plus récent, c'est celui du débat sur la loi Aubry sur les 35 heures. Je ne partage pas forcément toutes les théories des penseurs de droite."
Contrairement à certains penseurs hyper-libéraux, je ne crois pas que le marché soit un instrument parfait et infaillible. En revanche, il y a des domaines où la droite doit reprendre du poil de la bête. Le thème de l'environnement, qui a été largement repris par la gauche ces dernières années, est pourtant au cœur des idées de la droite."
Alain Madelin, député UMP d'Ille-et-Vilaine. Ancien président de Démocratie libérale (DL).
"Il y a une droite jacobine et bornée, parfois archaïque et il y a une droite libérale : j'en suis. Cette droite-là incarne à la fois l'idée de la liberté et la responsabilité individuelle. C'est en cela qu'elle se différencie de la droite étatiste qui a triomphé en France au lendemain de la Libération ; elle était portée par des gens qui avaient l'éthique de l'Etat, le sens du bien. Leur conviction était fondée sur la nécessité de contrôler l'économie par le biais de l'étatisme. Hisser haut le pavillon de la droite, presque de manière incantatoire, ne doit pas permettre de faire l'économie du débat d'idées. Dire je suis de droite, simplement pour le brandir, c'est un peu un cache-misère idéologique. De manière générale, je trouve que la droite libérale est en déficit de réponse sur les questions de la mondialisation. Le mot droite a-t-il pour autant retrouvé de son lustre ? Ce qui est sûr c'est que le mot gauche a perdu du sien."
Pierre-François Mourier, ex-directeur des études du RPR. Conseiller d'Etat.
"Sur certains sujets, je ne suis ni de droite, ni de gauche. Par exemple, je suis pour l'adoption par les homosexuels, (...) je pense que pour un enfant, il est toujours mieux d'avoir des parents que de ne pas en avoir. Mais je pense aussi que le travail est une valeur profonde de l'être humain, ce qui est une pensée de droite. Nous n'avons jamais fait de véritable étude sur ce qu'est l'identité de la droite. Pour la gauche, la droite est catholique, esclavagiste, réactionnaire. Mais pour moi, être de droite, c'est donner la primauté à l'individu sur le groupe. Par exemple, pour la gauche, la culture doit être partagée entre tous. Pour la droite, elle est le capital d'un individu. Pour la gauche, le délinquant est une victime (...). Pour la droite, la victime est la victime. Lorsque nous avons écrit le programme du RPR, nous avons cherché à retenir les idées de droite. En revanche, dans le programme de Chirac nous avons rejeté les éléments trop libéraux en estimant que le marché a besoin d'un contrepoint."
Nicolas Sarkozy, ministre UMP de l'intérieur. Ancien secrétaire général du RPR.
Dans son livre Libre (Fixot-Robert Laffont), Nicolas Sarkozy a écrit :
"Se dire gaulliste est devenu insuffisant. Le gaullisme appartient aujourd'hui à l'histoire de France et, à ce titre, il est devenu l'apanage de chaque Français. Le libéralisme est en train d'emprunter une voie identique, toutes les formations politiques ou presque ayant compris et intégré la primauté du marché et du libéralisme économique en termes de création de richesses." Toutefois, il ajoute : "Je ne crois pas qu'il existe (...) une place suffisamment large pour une formation qui se réclamerait uniquement du libéralisme." Pour M. Sarkozy, la droite se caractérise par "le mérite qui justifie la récompense. Le refus du nivellement (...). La solidarité qui ne peut se réduire à la seule assistance (...). La liberté de travailler (...). La primauté (...) de l'individu sur le collectif. La décentralisation pour responsabiliser le citoyen."




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