LA PRIERE (1953)
Par le petit garçon qui meurt près de sa mère
Tandis que des enfants s'amusent au parterre;
Et par l'oiseau blessé qui ne sait pas comment
Son aile tout à coup s'ensanglante et descend
Par la soif et la faim et le délire ardent
Je vous salue, Marie.
Par les gosses battus par l'ivrogne qui rentre,
Par l'âne qui reçoit des coups de pied au ventre
Et par l'humiliation de l'innocent châtié,
Par la vierge vendue qu'on a déshabillée,
Par le fils dont la mère a été insultée
Je vous salue, Marie.
Par la vieille qui, trébuchant sous trop de poids,
S'écrie : "Mon Dieu ! " Par le malheureux dont les bras
Ne purent s'appuyer sur une amour humaine
Comme la Croix du Fils sur Simon de Cyrène
Par le cheval tombé sous le chariot qu'il traîne
Je vous salue, Marie.
Par les quatre horizons qui crucifient le Monde,
Par tous ceux dont la chair se déchire ou succombe,
Par ceux qui sont sans pieds, par ceux qui sont sans mains,
Par le malade que l'on opère et qui geint
Et par le juste mis au rang des assassins
Je vous salue, Marie.
Par la mère apprenant que son fils est guéri,
Par l'oiseau rappelant l'oiseau tombé du nid,
Par l'herbe qui a soif et recueille l'ondée,
Par le baiser perdu par l'amour redonné,
Et par le mendiant retrouvant sa monnaie:
Je vous salue, Marie.
LA PREGHIERA
Text du Francis Jammes
Per il bimbo che la madre vede morire
Mentre altri bimbi si rincorrono in cortile.
Per l’uccello ferito che non sa affatto,
cadendo, come mai la sua ala diventi sangue tutt’un tratto.
Per la sete e la fame. Per il delirio matto.
Ave o’Maria.
Per il fanciullo massacrato a botte da chi torna ubriaco.
Per l’asino che vive a calci nello stomaco.
Per l’umiliazione dell’anima innocente condannata.
Per la vergine venduta e denudata.
Per i figli che hanno visto la loro madre ingiuriata.
Ave o’Maria.
Per la vecchia che, vacillando sotto il troppo peso,
urla “Dio Mio!”. Per lo sfortunato che vive come sospeso
dal momento che nessun amore umano lo sostiene
come ha fatto con i bracci della croce Simone di Cirene.
Per il cavallo caduto sotto il carro che lo tiene.
Ave o’Maria.
Per i quattro orizzonti che mettono il mondo in croce.
Per coloro a cui la carne si dilania e nuoce.
Per chi non cammina. Per chi non ha mani.
Per i malati che un intervento fa latrare come cani.
Per chi, onesto, è messo tra assassini.
Ave o’Maria.
Per la notizia ad una madre del figlio sanato.
Per l’uccello che chiama l’uccello dal nido cascato.
Per l’erba che ha sete e la pioggia disseta.
Per un bacio perduto, per l’amor che non si vieta.
E per il mendicante che ritrova la sua moneta.
Ave o’Maria.




Rispondi Citando
