Jean-Marie Le Pen évite la crise ouverte au sein de son parti
LEMONDE.FR | 20.09.04 | 20h37
Aucune sanction n'ayant été prise à l'encontre de Jacques Bompard et de Marie-France Stirbois, les membres du bureau politique favorables aux deux frondeurs n'ont pas pu contre-attaquer.
Jean-Marie Le Pen a esquivé l'épreuve de force, lundi 20 septembre, lors du bureau politique de son mouvement, les partisans de Marie-France Stirbois et Jacques Bompard n'ayant pas pu véritablement contre-attaquer, faute de sanctions à contester.
Cette réunion des 50 plus hauts cadres du FN intervenait quatre jours après la convocation devant le bureau exécutif de deux cadres historiques du mouvement - le maire d'Orange Jacques Bompard et Marie-France Stirbois - pour y répondre de leurs vives critiques contre la direction. La décision sur d'éventuelles sanctions à leur égard avait alors été mise en délibéré à une date non communiqué.
En attendant, suspendus depuis le 3 septembre de leur fonction de membre du bureau politique ni Mme Stirbois, ni M. Bompard n'avaient eu le droit de se joindre à la réunion de lundi. Néanmoins leur parcours politique, ajouté au fait qu'ils ont exprimé une partie des frustrations suscitées au FN par la rapide montée en puissance de Marine Le Pen depuis 2002, leur assuraient un soutien majoritaire au sein du bureau politique.
A la sortie de la réunion, Jean-Marie Le Pen, l'air content, a déclaré que "l'amour vache" régnait au sein de son parti mais, "comme le bureau exécutif avait sursis à sa décision, personne n'a pu rien dire".
M. Le Pen a même proposé, et obtenu, la cooptation au bureau politique de Lydia Schenardi, députée européenne élue sur sa liste en Provence-Alpes-Côte-d'Azur à la place que convoitait Marie-France Stirbois. C'est le fait d'avoir été écartée de cette position éligible qui avait déclenché la colère de Mme Stirbois et les critiques qui lui sont actuellement reprochées.
"IL N'Y A PAS DE PROBLÈME AU FN"
A la sortie du siège du FN à Saint-Cloud, les participants, qui avaient reçus la consigne de ne pas parler à la presse, sont restés discrets pour la plupart, mais les proches de M. Le Pen ont été plus diserts.
Ainsi, Pierre Jaboulet-Vercherre a souligné qu'au "risque de décevoir" la presse, "il n'y a pas de problème au FN". Selon lui "tout le monde pense qu'il doit y avoir sanction mais il n'y a pas d'accord sur le niveau de la sanction". Par ailleurs, "tout le monde est d'accord avec le président du FN car s'ils ne sont pas d'accord, ils s'en vont", a-t-il ajouté.
Un autre proche de Jean-Marie Le Pen jugeait quant à lui, sous couvert de l'anonymat, que "tout le monde avait un peu fait amende honorable". Ironique, Michel Baet, également proche de M. Le Pen, lançait "nous sommes des gens heureux : on a parlé de tout dans la joie de vivre ensemble".
Marine Le Pen est partie sans parler à la presse et le secrétaire général Carl Lang s'est refusé à tout commentaire. Un proche de Mme Stirbois a reconnu que "tout le monde a demandé qu'on tire un trait et qu'on se remette au travail", mais a souligné que ceux qui avaient des critiques à faire "les avaient faites".
Si M. Le Pen semble avoir esquivé l'épreuve de force pour cette fois, il lui reste toutefois à aller jusqu'au bout de ce qu'il déclarait, il y a quelque jours seulement, au Figaro : "Bompard a dit qu'il n'allait au bureau politique que pour m'emmerder. Il faudrait que je sois une larve pour accepter cela". Il précisait : "Notre culture considère que la sanction est un élément de l'éducation (...) J'ai été dix fois miséricordieux. Chaque fois cela été considéré comme une marque de faiblesse".
C'est le bureau exécutif -que M. Le Pen peut convoquer quand bon lui semble-, qui peut prendre des sanctions mais sa date n'est pas encore publique.
Avec AFP




et, également proche de M. Le Pen, lançait "nous sommes des gens heureux : on a parlé de tout dans la joie de vivre ensemble".
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