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L'Italie adopte le fédéralisme et plus de pouvoirs au chef du gouvernement
LEXPRESS.fr avec AFP
Le Parlement italien a approuvé mercredi une réforme très contestée de la Constitution, car elle accroît les pouvoirs du chef du gouvernement et, au nom du fédéralisme, accorde plus de compétences aux régions, au risque de diviser le pays.
Silvio Berlusconi le 23 mars 2005 à Bruxelles
© AFP Laurent Kalfala
Cinq mois après les députés, les Sénateurs italiens ont donné leur accord à ce texte, mais le vote a été très confus. Les élus de l'opposition de gauche ont en effet quitté l'hémicyle avant le vote pour dénoncer "un tort fait à l'Italie".
Le texte a été approuvé par 162 des Sénateurs encore présents et 14 ont voté contre.
Le chef du gouvernement Silvio Berlusconi a immédiatement salué le résultat de ce vote depuis Bruxelles où il participe à un sommet européen.
Ses alliés de la Ligue du nord, le mouvement populiste et anti-européen, avaient en effet menacé de se retirer du gouvernement si le texte n'était pas approuvé avant Pâques.
Conformément à la procédure constitutionnelle, la réforme doit passer encore une fois l'examen des deux chambres du Parlement où la droite est largement majoritaire, puis affronter un référendum avant de pouvoir être appliquée.
L'opposition a confirmé mercredi sa demande de réferendum. Il lui faudra pour cela réunir 500.000 signatures et Silvio Berlusconi a précisé que, dans ce cas, cette consultation serait organisée "après les législatives" prévues en mai 2006.
"De cette manière, nous aurons le temps d'expliquer notre projet aux citoyens", a-t-il déclaré à la presse italienne.
Si la réforme passe avec succès ces nouvelles étapes, ses premières dispositions --le transfert de compétences aux régions-- pourraient être appliquées dès 2006. Les autres n'entreraient en vigueur qu'entre 2011 et 2016.
L'opposition a déjà donné sa lecture de la réforme. "Elle compromet les équilibres qui sont le fondement de notre démocratie", a accusé mercredi le chef de l'opposition, Romano Prodi.
M. Prodi avait dénoncé quelques jours plus tôt le renforcement des pouvoirs du chef du gouvernement comme "l'antichambre de la dictature", provoquant un tollé de protestation au sein de la majorité.
"La réforme de la Constitution votée par le centre droit mine l'unité nationale, accentue les inégalités entre le nord et le sud, humilie le président de la République et accorde au Président du conseil un pouvoir démesuré", a pour sa part affirmé Gavino Angius, chef du groupe des sénateurs du parti des Démocrates de gauche (DS), la principale formation de l'opposition.
Selon la réforme, le président du Conseil devient Premier ministre. Il nomme et renvoie les ministres sans passer, comme à présent, par l'intermédiaire du président de la République et "détermine" la politique générale du gouvernement, alors que jusqu'à présent il la "dirigeait".
La Chambre des députés passera des actuels 630 élus à 518, pourra voter une motion de "défiance constructive" permettant à la majorité issue des urnes de voter la défiance au chef du gouvernement en charge et de lui nommer dans cette motion un remplaçant.
Le Sénat pour sa part devient fédéral, reflètent plus fidèlement les équilibres régionaux.
Les principales dispositions en matière de fédéralisme --la "devolution", selon le terme employé dans le texte-- accordent aux régions un pouvoir accru dans le domaine de la santé et de l'éducation ainsi que le contrôle de la police administrative locale.
"La devolution, concept infâme, intraduisible même en Italien, veut que s'en sort qui a l'argent", a lancé Romano Prodi, pour insister sur la menace d'une division profonde entre le nord industrialisé et le sud en retard de développement.
Les Italiens sont appelés aux urnes en mai 2006 pour désigner la majorité gouvernementale.
http://permanent.nouvelobs.com/europ...3.OBS1970.html
Réforme contestée
de la Constitution
NOUVELOBS.COM | 23.03.05 | 15:13
Le Parlement italien a adopté dans la confusion une réforme qui accroît les pouvoirs du chef du gouvernement et, au nom du fédéralisme, accorde plus de compétences aux régions.
Silvio Berlusconi le 15 mars sur la RAI (AP)
L e Parlement italien a approuvé mercredi 23 mars une réforme très contestée de la Constitution, car elle accroît les pouvoirs du chef du gouvernement et, au nom du fédéralisme, accorde plus de compétences aux régions, au risque de diviser le pays.
Cinq mois après les députés, les Sénateurs italiens ont donné leur accord à ce texte, mais le vote a été très confus. Les élus de l'opposition de gauche ont en effet quitté l'hémicycle avant le vote pour dénoncer "un tort fait à l'Italie".
Le texte a été approuvé par 162 des Sénateurs encore présents et 14 ont voté contre.
Menace de la Ligue du nord
Le chef du gouvernement Silvio Berlusconi a immédiatement salué le résultat de ce vote depuis Bruxelles où il participe à un sommet européen.
Ses alliés de la Ligue du nord, le mouvement populiste et anti-européen, avaient en effet menacé de se retirer du gouvernement si le texte n'était pas approuvé avant Pâques.
Conformément à la procédure constitutionnelle, la réforme doit passer encore une fois l'examen des deux chambres du Parlement où la droite est largement majoritaire, puis affronter un référendum avant de pouvoir être appliquée. Publicité
L'opposition a confirmé mercredi sa demande de référendum. Il lui faudra pour cela réunir 500.000 signatures et Silvio Berlusconi a précisé que, dans ce cas, cette consultation serait organisée "après les législatives" prévues en mai 2006.
"De cette manière, nous aurons le temps d'expliquer notre projet aux citoyens", a-t-il déclaré à la presse italienne.
Si la réforme passe avec succès ces nouvelles étapes, ses premières dispositions --le transfert de compétences aux régions-- pourraient être appliquées dès 2006. Les autres n'entreraient en vigueur qu'entre 2011 et 2016.
L'opposition a déjà donné sa lecture de la réforme. "Elle compromet les équilibres qui sont le fondement de notre démocratie", a accusé mercredi le chef de l'opposition, Romano Prodi.
Romano Prodi avait dénoncé quelques jours plus tôt le renforcement des pouvoirs du chef du gouvernement comme "l'antichambre de la dictature", provoquant un tollé de protestation au sein de la majorité.
"Un pouvoir démesuré"
"La réforme de la Constitution votée par le centre droit mine l'unité nationale, accentue les inégalités entre le nord et le sud, humilie le président de la République et accorde au Président du conseil un pouvoir démesuré", a pour sa part affirmé Gavino Angius, chef du groupe des sénateurs du parti des Démocrates de gauche (DS), la principale formation de l'opposition.
Selon la réforme, le président du Conseil devient Premier ministre. Il nomme et renvoie les ministres sans passer, comme à présent, par l'intermédiaire du président de la République et "détermine" la politique générale du gouvernement, alors que jusqu'à présent il la "dirigeait".
La Chambre des députés passera des actuels 630 élus à 518, pourra voter une motion de "défiance constructive" permettant à la majorité issue des urnes de voter la défiance au chef du gouvernement en charge et de lui nommer dans cette motion un remplaçant.
Le Sénat pour sa part devient fédéral, reflètent plus fidèlement les équilibres régionaux.
Les principales dispositions en matière de fédéralisme -la "devolution", selon le terme employé dans le texte- accordent aux régions un pouvoir accru dans le domaine de la santé et de l'éducation ainsi que le contrôle de la police administrative locale.
"La dévolution, concept infâme, intraduisible même en Italien, veut que s'en sort qui a l'argent", a lancé Romano Prodi, pour insister sur la menace d'une division profonde entre le nord industrialisé et le sud en retard de développement.
Les Italiens sont appelés aux urnes en mai 2006 pour désigner la majorité gouvernementale.
http://www.lemonde.fr/web/article/0,...-402039,0.html
La Ligue du Nord menace de faire éclater la coalition de Silvio Berlusconi
LEMONDE.FR | 18.03.05 | 08h39
Les populistes italiens de la Ligue du Nord ont menacé, jeudi 17 mars, le gouvernement Berlusconi d'une crise grave, à la veille d'importantes élections régionales les 3 et 4 avril, afin de débloquer le processus de mutation des institutions italiennes vers le fédéralisme. L'un des trois ministres de la Ligue, Roberto Calderoli, a annoncé sa démission et son homologue aux affaires sociales, Roberto Maroni, a menacé de faire de même si les réformes n'étaient pas adoptées avant Pâques.
Le chef du gouvernement, Silvio Berlusconi, a aussitôt réagi en déclarant que M. Calderoli n'avait "aucune raison de remettre son mandat", laissant entendre qu'il n'avait pas l'intention d'accepter sa démission, ni celle de quiconque. "Il n'y aura pas de retard sur les réformes", a-t-il assuré.
Allié difficile mais fidèle de M. Berlusconi, la Ligue du Nord est coutumière des ultimatums. "J'ai remis ma démission au secrétaire fédéral de la Ligue du Nord, Umberto Bossi, et au président du conseil, Silvio Berlusconi", avait annoncé un peu plus tôt dans un communiqué M. Calderoli. Il a motivé son geste par la lenteur, selon lui, du processus de réformes destinées à accorder davantage de pouvoir aux régions, en dénonçant "le non-respect du pacte fondateur de la coalition gouvernementale".
RÉFORME FÉDÉRALISTE
M. Calderoli a été contrarié par le retard pris, jeudi, par le projet de loi constitutionnelle en cours d'examen au Sénat. La séance a dû être levée et reportée à la semaine prochaine en raison du trop grand nombre de sénateurs absents dans l'Hémicycle, y compris sur les bancs de la majorité. Une douzaine d'articles du texte de loi doivent encore être examinés et votés. Le texte ne se limite pas à accorder des pouvoirs exclusifs aux vingt régions d'Italie en matière de police, de santé et d'éducation. Il renforce en outre les pouvoirs du chef du gouvernement, limite ceux de la Chambre des députés, et fait du Sénat une assemblée fédérale.
Déplorant "la présence de saboteurs dans les rangs de la majorité, occupant malheureusement d'importantes fonctions institutionnelles", le ministre démissionnaire a menacé M. Berlusconi de "démissions en cascade" si la réforme des institutions n'avançait pas. Il a affirmé que son intention de démissionner était ferme.




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