(tratto dal sito di RIA Novosti di oggi

Izvestia
Les États-Unis n’ont ni les forces, ni le désir de se confronter avec la Chine


Durant toute l'année dernière, les analystes ont disserté sur l'apparition d’une «Chinamérique», organisme économique unique réunissant le plus grand producteur du monde (la Chine) et le plus grand consommateur (les États-Unis), lit-on jeudi dans le quotidien Izvestia.
On discutait sérieusement des perspectives d’un G-2, «groupe des deux», alliance stratégique des deux superpuissances, capable de soumettre à son contrôle le monde au XXI siècle. Or, ces dernières semaines, tout a brusquement changé.

La crise actuelle dans les relations entre les deux pays est due en premier lieu à la situation intérieure aux États-Unis après la défaite des démocrates aux élections au Congrès. Raison principale : un chômage excédant 10 %. Faire alors de Pékin un bouc émissaire pour le chômage, rien de plus facile!
La Chine répond de façon de plus en plus dure parce que, pendant la crise économique, elle s’est sentie renforcée. Elle a des fonds disponibles que l’Occident n’a pas. Pékin qui a immensément investi dans le développement du pays, ne trouve pas que la Chine dépende plus des États-Unis, que ceux-ci ne dépendent de la Chine. En outre, les Chinois ont un sentiment global de supériorité par leur civilisation multimillénaire sur les Américains, dont la civilisation date d’à peine deux siècles. Tandis que l’idée d'un « groupe des deux» suscite les appréhensions de se trouver finalement sous l’emprise américaine.
Or, la Chine ne peut pas se délester de ses actifs en dollars sans risquer de provoquer la chute du dollar et de l'économie américaine en général, ce qui entraînerait la dépréciation de ses propres réserves de change et un rétrécissement du débouché le plus important du monde. Un exode massif des corporations américaines du marché le plus dynamique du monde est tout aussi peu probable.
Le budget 2011 présenté par le président Obama prévoit un déficit de 13 mille milliards de dollars. Les États-Unis n’ont ni les forces, ni le désir pour une confrontation avec la Chine. L'Afghanistan et l'Irak ont fort bien montré les limites de la puissance américaine. Pékin (malgré toutes les contradictions existantes) se rend parfaitement compte du rôle des États-Unis dans le monde contemporain. A la différence de la Russie qui aurait des dizaines de partenaires stratégiques, la Chine, elle, n’en a que deux : les Russes et les Américains.
Il ne devrait donc pas y avoir de confrontation sérieuse. Mais l’idée du «groupe des deux» se trouve être de plus en plus une pure abstraction. Si l'escalade de la tension se poursuivait, cela aurait de graves conséquences pour l'économie globale et pour l’issue de la crise. Dans tous les cas, bouclez mieux vos ceintures!

Auteur : Viatcheslav Nikonov, président de la Fondation Politika (Politique).