La Réserve fédérale américaine estime que la croissance est encore insuffisante pour influer sur le coût de l'argent.
Le mouvement de hausse des taux d'intérêt américains n'est toujours pas enclenché. Comme prévu par les marchés, la Réserve fédérale a décidé mercredi soir de ne pas relever son taux directeur, maintenu à pratiquement zéro depuis la fin 2008 pour soutenir l'activité. Le comité monétaire de la banque centrale des États-Unis laisse toutefois ouverte la porte à un éventuel abandon de ce taux anormalement bas lors de sa prochaine réunion, les 15 et 16 décembre. Cette décision dépendra «du progrès, réalisé et attendu, en direction des objectifs du plein-emploi et d'une inflation à 2 %», explique la Fed dans un communiqué
Si la banque centrale américaine a une nouvelle fois différé sa décision, c'est que la croissance économique lui semble encore trop ténue pour renchérir le coût de l'argent. L'insuffisance de l'inflation, liée en partie à la chute des cours de l'énergie, mais aussi le ralentissement des embauches au cours de l'été et le fléchissement de la production industrielle figurent parmi les arguments qui poussent sa présidente Janet Yellen et ses collègues à attendre, afin de ne pas casser la reprise économique.
Nuance subtile, mais importante: le communiqué fait simplement état de la «surveillance» par la Fed des développements économiques et financiers mondiaux. Mi-septembre, il parlait de surveiller «les risques» que ces développements présentaient pour les États-Unis. Les turbulences déclenchées par le ralentissement économique en Chinesemblent donc moins alarmer la Fed aujourd'hui.
D'ici à la mi-décembre, le comité aura pris connaissance des chiffres de l'emploi d'octobre et de novembre. Il disposera aussi d'une meilleure idée de l'ampleur du ralentissement au troisième trimestre. La première estimation du PIB de juillet à septembre sera dévoilée ce vendredi. On anticipe une croissance de moins de 2 % en rythme annuel, contre 3,9 % au deuxième trimestre.




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