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" [...] Lourds soutiens
A dire vrai, ni la mobilisation des représentants des musulmans de France ni celle du monde arabe ne peuvent faire croire en la survenue idyllique d'un seul et même islam éclairé, comme des commentateurs angéliques cherchent à le suggérer. Cet islam modéré, pratiqué par la majorité des Français musulmans, est refusé par une partie de leur communauté, de plus en plus à l'écoute des discours intégristes rétrogrades. Et ce ne sont pas seulement les grandes consciences de l'islam qui se sont fait entendre sur la scène internationale durant toute cette semaine, à travers les multiples déclarations de soutien à la politique de la France.
Cette «union sacrée» a pareillement ému le monde politico-médiatique. «Ce qui nous touche profondément, c'est la solidarité et l'émotion qui s'expriment unanimement des plus hautes autorités de l'Islam», a déclaré mardi Michel Barnier, le ministre des Affaires étrangères. Mais qui aura entendu cette émotion et cette solidarité après l'assassinat du journaliste américain Daniel Pearl et, depuis, de dizaines d'autres otages tués «en application de la sentence de Dieu», dont notre confrère italien ? Cette seule semaine, le terrorisme islamiste a frappé en Afghanistan, en Russie, en Israël, fauchant des dizaines de civils sans soulever l'indignation musulmane.
La compassion est allée à la France en remerciements de sa position contre l'intervention en Irak et de sa politique pro-arabe au Moyen-Orient. «La France a défendu la cause de l'Irak avant la chute du régime de Saddam Hussein et après sa chute. Et nous ne voulons pas perdre une amie», a déclaré le Comité des oulémas sunnites. C'est également en hommage à sa politique propalestinienne que les mouvements terroristes islamistes du Djihad, du Hezbollah et du Hamas ont réclamé la libération des otages. Le Hamas qui, ce même mardi, revendiquait un double attentat en Israël faisant 16 morts.
Ces indulgences particulières sont des fardeaux à porter. D'autant que ces magnanimités d'extrémistes et de sabreurs ressemblent beaucoup à celle accordée, la semaine dernière, par al-Qaida au Vatican, en raison de ses positions anti-guerre. «Le Vatican ne sera jamais une des cibles que nous visons», a déclaré l'organisation terroriste, qui entend bien en revanche choisir ses cibles et frapper l'Italie afin d'obliger «les ordures de soldats italiens à sortir d'Irak».
La solidarité musulmane met heureusement tout son poids pour libérer Malbrunot et Chesnot et pour marginaliser leurs ravisseurs décriés. Sans doute peut-on espérer que les grandes consciences de l'islam pacifiste sauront dénoncer et isoler demain tous les fanatismes. Mais ce n'est pas encore le cas actuellement. Aussi ce traitement d'exception dont nous bénéficions nous invite à nous interroger sur la place prise aujourd'hui par la France, premier pays musulman d'Europe, dans le monde arabe.
Poussif équilibre
Ne pas oublier l'essentiel : la France est, à son tour, la cible de cette troisième guerre mondiale déclarée le 11 septembre 2001 par le «nazislamisme», cette idéologie qui entend imposer l'ordre islamiste partout dans le monde, à commencer dans les pays musulmans. Représentée par al-Qaida, cette barbarie en marche menace aussi bien les démocrates musulmans que les chrétiens et les juifs. Elle a assassiné le commandant Massoud deux jours avant de frapper les tours du World Trade Center. Sous les traits de la «résistance», elle refuse à l'Irak d'avancer dans la voie de la démocratie, rêvant de voir le pays se soumettre à la charia. C'est cette même sauvagerie qui vient de permettre à l'Iran de pendre par les pieds, du haut d'une grue, une jeune femme de 16 ans pour «actes incompatibles avec la chasteté».
Seul l'extrémisme islamiste conduit à ces horreurs. Et il serait temps pour les Européens, antiguerre ou munichois, d'ouvrir enfin les yeux et de cesser de mettre en parallèle, dans un équilibre poussif, l'intégrisme islamiste de Ben Laden et l'intégrisme chrétien qui inspirerait soit disant la politique de George Bush. Il n'y a évidemment aucune commune mesure entre le goût pour la mort de l'un et le moralisme protestant de l'autre, qui a d'ailleurs de bonnes raisons de voir le Mal à l'oeuvre dans ces violences inouïes commises au nom du Coran. Faut-il renoncer à résister à ce totalitarisme, rendu fou après la maladroite intervention américaine en Irak ? Evidemment non. Aujourd'hui, la guerre engagée par les démocraties se gagnera ou se perdra là-bas. La France y est attendue. [....] "
Cordiali saluti




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